Un air de famille – Renault 5 (1977)

Aujourd’hui j’ai envie de raconter une histoire. Une histoire pleine de trous, avec des bouts de seconde ou troisième main dedans. Mais après tout on s’en fiche, faut que ça soit sympa à lire. Allez zou !

En 1977, le grand-père de ma femme décide d’aller s’acheter une nouvelle voiture. Il va chez Renault, et fait l’acquisition d’une Renault 5. Elle est beige, et n’a qu’un seul rétroviseur. C’est le modèle de base, avec un plafond en osier tressé, des sièges en skaï qui collent aux fesses en hiver, et n’a pas de compte-tour. Et elle n’a qu’un petit moteur de 900 cc avec une boîte manuelle de 4 rapports. 37 chevaux tous fougueux pour aller à 100 km/h.

Le grand-père l’a gardé pendant plus de vingt ans. Il est allé en Italie avec, et probablement un peu partout autour de Paris et Montreuil. Sans direction assistée, faut jouer un peu des bras pour se garer, mais la coquine se faufile en ville. Elle se traîne un peu sur route ouverte, mais en 1977, c’est encore l’époque de la nationale, encore un peu.

Puis, quand le grand-père s’en est allé, c’est ma femme qui l’a récupérée. Et de justesse, parce que dans la famille il y avait quelques rapaces qui la voulaient. Probablement pour la revendre. Mais pas nous. Du coup, on l’a gardée.

J’ai eu mon permis en 2012. Très tard, mais j’avais mes raisons. Du coup, c’est madame qui l’a conduite, parfois son père quand la sienne était au garage, en panne. J’ai pesté contre le manque de confort, le mal de dos à cause de la position du siège passager, et le fait qu’elle manque tellement de patate qu’on ne peut raisonnablement pas la sortir de Paris.

A tel point que j’ai eu envie de la mettre à la casse. Mais sans permis, je n’avais pas à donner mon avis.

Pendant des années, elle est restée au garage. Puis un peu dehors, par manque de place. Et elle a souffert. Oui, je pense que ça a dû être ses pires moments.

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Renault 5 (1977) – Crédit Photo : Piston Rotatif

Puis j’ai eu mon permis, et j’ai décidé qu’il fallait bien que je me mette au volant de l’héritage. J’ai pesté. Puis j’ai aimé.

Nous sommes en novembre 2016, et l’année prochaine elle aura 40 ans. Elle couine dans les virages, elle gronde en sous-régime, et elle est molle du freinage. Mais elle a du caractère. Ce qui reste des 37 chevaux me fait quand même décoller des feux rouges plus vite que le diesel d’à côté. Sans assistance j’ai l’impression d’être vraiment connecté à la voiture, et ça reste un plaisir.

Et quand notre maire adorée a voulu la bannir de Paris, on l’a passé en carte grise collection. Du coup, elle roule sur les pavé de la capitale quand ça lui chante.

Mais à 40 ans, elle n’a plus vraiment toutes ses dents. Et on a prévu de lui redonner une jeunesse. D’ici un an, on devrait avoir refait la carrosserie, la peinture, et j’espère toutes les petites bricoles ici et là.

Parce qu’on va la garder. Elle ne vaut rien à la revente, mais elle fait partie de la famille, c’est certain.

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